Lignes directrices pour la durabilité des croisières et de la navigation de plaisance dans la région méditerranéenne

Le Plan Bleu, Centre d’expertise pour le développement et l’environnement au service des pays riverains de la mer Méditerranée, publie le 13 avril 2022, les lignes directrices pour la durabilité des croisières et de la navigation de plaisance dans la région méditerranéenne.

Ces lignes directrices visent à fournir une analyse des impacts du secteur croisière et plaisance. Elles permettent également d’établir un rapport sur les bonnes pratiques en vue d’un développement durable autour de ce secteur. Enfin, elles fournissent des pistes de réflexion pour les décideurs politiques et les personnes compétentes pour légiférer et limiter la pollution dans ces secteurs. Cinq défis majeurs ont
été identifiés :

● Éliminer ses émissions atmosphériques de polluants et de gaz à effet de serre
● Sauvegarder les écosystèmes et la biodiversité
● Éliminer les sources de pollution de l’eau (chimiques, biologiques, rejets d’eaux usées) et prévenir la production de déchets tout en améliorant leur gestion ;
● Stimuler la connaissance et l’innovation pour les acteurs des secteurs, notamment via la digitalisation
● Éviter ses impacts sur les systèmes socio-économiques locaux

Pour chacun de ces défis, une sélection de pratiques durables considérées comme prioritaires à mettre en œuvre a été effectuée. Deux éléments ont été pris en compte : leur potentiel d’applications et de
réduction significative des incidences sur l’environnement. Quatre études de cas illustrent la mise en œuvre de ces bonnes pratiques recensées des Lignes directrices. Par exemple la réduction des émissions de CO2 dans le port de Marseille, la surveillance environnementale des cétacés à bord des navires de croisière, ou encore la restriction d’ancrage en mouillage forain dans l’Aire Marine Protégée autour de Portofino : ces expériences positives se multiplient et ne demandent qu’à être répliquées.

Pratiques illustrées par l’étude de cas sur la réduction des émissions de CO2 dans le port de Marseille :
– Électrification des navires, des ports et des marinas (y compris l’alimentation à quai des navires stationnant dans les ports)
– Utilisation du Gaz Naturel Liquéfié – GNL (comme carburant de transition) et équiper les ports en conséquence
– Utiliser des panneaux solaires et/ou intégrer des systèmes photovoltaïques dans le réseau électrique des ports et des navires
– Réduction des tarifs portuaires pour les navires répondant à des normes sévères de qualité environnementale (frais portuaires différenciés)
– Systèmes de récompense/notation pour faciliter l’identification des navires plus écologiques
– Charte d’engagements pour améliorer la durabilité environnementale et sociale de la navigation et des opérations portuaires.
Principaux défis relevés : Éliminer les émissions atmosphériques de polluants et de gaz à effet de serre ; Booster la connaissance et l’innovation ; Réduire l’impact des escales des navires de croisière et améliorer le cadre de vie et l’environnement des riverains.

Ces mesures à fort impact positif faciliteront la réalisation des engagements pris par les pays méditerranéens dans le cadre du Pacte Vert européen, des Objectifs du développement durable (ODD),
de la Stratégie Méditerranéenne de développement Durable et, plus récemment, la nouvelle approche pour une économie bleue durable adoptée par la Commission européenne. Ces mesures accompagneront également le prochain passage de la Méditerranée en zone de contrôle des émissions d’oxyde de soufre (SECA). En effet, à partir du 1er janvier 2025, les navires traversant la Méditerranée ne seront autorisés à utiliser que des carburants à faible teneur en soufre dans l’objectif d’y améliorer la qualité de l’eau et de l’air

Ce travail a été réalisé par le Plan Bleu dans le cadre du projet Interreg Med: Communauté de la Croissance Bleue en partenariat avec deux autres communautés Interreg: la Communauté de la Protection de la Biodiversité et la Communauté Tourisme Durable. Une approche participative a été privilégiée pour sa rédaction à travers la création d’un groupe multi-acteurs qui a réuni plus de 100 acteurs méditerranéens (représentants d’autorités portuaires, activités de croisière, autorités locales, chercheurs, industrie nautique, associations environnementales, observatoires du tourisme, gestionnaires d’Aires Marines Protégées).

 

Pour plus d’informations à ce sujet contactez le Dr. Céline Dubreuil

 

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