Blue Economy & Finance Forum et Monaco Blue Initiative

Du 27 au 29 mai 2026, le Plan Bleu a participé à deux événements majeurs consacrés à l’économie bleue et à la finance durable en Méditerranée et à l’échelle internationale : la 17ème édition de la Monaco Blue Initiative (BMI) et le second Blue Economy & Finance Forum (BEFF), organisés à Monaco.

Représenté par Antoine Lafitte, Directeur du Plan Bleu, et le Dr Constantin Tsakas, Chef économiste, le Plan Bleu a pris part à ces échanges stratégiques aux côtés d’institutions publiques, d’acteurs financiers, d’investisseurs, d’organisations internationales et d’organisations non gouvernementales engagées pour la protection de l’océan.

Une dynamique internationale en faveur de la finance bleue

La Monaco Blue Initiative, organisée le 27 mai 2026 au Musée océanographique de Monaco, a ouvert une série de discussions de haut niveau sur les conditions nécessaires à une économie bleue durable, inclusive et fondée sur la science.

Dans la continuité de ces échanges, le Blue Economy & Finance Forum organisés les 28 et 29 mai a rassemblé des investisseurs, des start-up, des acteurs de la finance et de l’économie des océans autour d’un objectif commun : accélérer la mobilisation des capitaux et des initiatives en faveur de la transition écologique des activités maritimes et de la protection des écosystèmes marins.

Les discussions ont notamment mis en évidence plusieurs priorités :

  • le rôle central de la finance mixte (blended finance) pour réduire les risques et mobiliser les capitaux privés ;
  • la structuration de pipelines de projets investissables dans l’économie bleue ;
  • la décarbonation du transport maritime ;
  • le développement de nouveaux instruments financiers dédiés à la protection de l’océan ;
  • l’intégration des risques liés à la nature dans les décisions financières.

Lors de son intervention du 27 mai, Antoine Lafitte a présenté une analyse des principaux défis structurants pour la Méditerranée en matière de gouvernance et de protection des écosystèmes marins :

  1. Une biodiversité exceptionnelle, mais fortement exposée à des pressions croissantes liées au transport maritime, à la pêche, à la pollution et au changement climatique.
  2. Des espaces de haute mer encore insuffisamment protégés et souvent dépourvus de statut clair.
  3. Des zones économiques exclusives (ZEE) marquées par des chevauchements et des incertitudes dans plusieurs zones du bassin méditerranéen.
  4. Des capacités inégales entre États pour la mise en œuvre de l’accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction).
  5. Un paysage institutionnel complexe impliquant de nombreux acteurs (Union européenne, PNUE/PAM, CGPM, OMI, États, ONG), nécessitant une coordination renforcée.

Dans ce contexte, l’accord BBNJ apparaît comme un cadre structurant susceptible de renforcer la gouvernance de la haute mer en Méditerranée, de combler les lacunes de coordination et de soutenir les objectifs régionaux, notamment la Convention de Barcelone, la Stratégie méditerranéenne pour le développement durable et les cibles internationales de protection de la biodiversité, telles que l’objectif 30×30.

Le rôle du Plan Bleu : relier science, politiques publiques et finance

Les échanges menés à Monaco ont confirmé une convergence croissante entre acteurs publics, privés et de la société civile autour de la nécessité de transformer les ambitions en actions concrètes.

Pour le Plan Bleu, ces dialogues sont essentiels. L’institution accompagne les pays méditerranéens dans la conception de politiques publiques fondées sur la connaissance scientifique, au service du développement durable. Elle joue également un rôle croissant d’interface avec les acteurs de la finance durable et les organisations de terrain, afin de renforcer la cohérence et l’impact des actions engagées.

Les travaux en cours sur la finance durable en Méditerranée, notamment dans le cadre de la nouvelle Stratégie méditerranéenne pour le développement durable (SMDD 2026–2035), visent à mieux aligner les flux d’investissement avec les objectifs climatiques, de préservation de la biodiversité et de résilience à long terme.

Au terme de cette mission, le Plan Bleu se félicite des synergies développées et de la volonté partagée des différents acteurs de passer d’une logique d’ambition à une logique de mise en œuvre.

Ces échanges renforcent la conviction que la transition vers une économie bleue durable en Méditerranée nécessite une coopération accrue entre science, politiques publiques et finance, afin de répondre aux défis environnementaux et économiques de la région.

Plan Bleu