Tourisme en Méditerranée : un moteur du développement durable ?

Le tourisme de masse est une activité lucrative pour les grandes chaines internationales mais, comme l’illustre la croisière, l’articulation entre croissance économique et transformations sociales des destinations demeure problématique.

Les résultats économiques de la croisière à l’échelle des destinations nationales

Pour la croisière, les bénéfices économiques s’appliquent surtout aux ports de tête de ligne. Les grandes entreprises (compagnies de croisière pour l’essentiel) dominent tous les segments de l’offre : réservations, arrivées aériennes et hébergement dans ces ports, excursions dans les ports d’escale, etc.

Pour les ports d’escale, notamment en Grèce, les résultats économiques sont nettement moins importants et ne compensent pas toujours les externalités négatives : consommation d’eau et d’énergie, production de déchets, congestion de la circulation, impacts négatifs sur les fonds marins à cause des mouillages en rade, sentiment d’envahissement des populations locales.

Favoriser les retombées économiques du tourisme au bénéfice des territoires

Pour que la croisière soit porteuse de retombées économiques au niveau national, les pays doivent cumuler un nombre important de ports de tête de ligne par rapport aux ports d’escale, une production de navires de croisière, ainsi qu’un nombre de nuitées à bord important. En Méditerranée, seule l’Italie arrive à cumuler ces différents facteurs.

Le tourisme terrestre, à l’échelle de neuf destinations méditerranéennes étudiées, représente en moyenne 0,4 emploi direct/lit. Lorsque la saisonnalité est limitée, le taux mensuel d’emplois est mieux réparti (autour de 10 % par mois) et les types de contrat moins précaires. La redistribution des fruits de la croissance sur le territoire n’est pas toujours au rendez-vous. On constate fréquemment une fuite économique des revenus touristiques. Il est estimé, en Turquie, qu'environ 51 % à 60 % des revenus tirés des voyages à forfait organisés par les tour-opérateurs étrangers n'ont pas été injectés dans l'économie turque.

Inscrire les destinations touristiques dans des projets favorisant le développement des territoires

L’activité touristique est souvent déconnectée du contexte économique, social, environnemental et culturel de son territoire. Planifier de manière stratégique les activités touristiques en cohérence avec les autres activités et les potentialités économiques, sociales, environnementale et culturelles de ce territoire devient crucial.

Pour favoriser le développement des territoires touristiques, le Plan Bleu recommande de :

  • Structurer, avec les acteurs locaux, des espaces publics de participation pour élaborer des plans d’actions locaux destinés à améliorer leur état de durabilité ;
  • Favoriser la création de dispositifs destinés à suivre et accompagner la mise en œuvre de ces plans d’action. 

Chiffres clefs

Part de la croisière dans le tourisme international : 1,8 % des arrivées internationales en 2009

Croissance de la croisière depuis 1995 : 106 % entre 1995 et 2000, 55 % entre 2000 et 2005, 57 % entre 2005 et 2009

Part des fuites économiques dans le cas d’Alanya : 85 % des revenus touristiques (estimation)

Part du PIB revenant à la population la plus riche d’Alanya : 44,4 % en 1980 ; plus de 56 % en 2009

Partenaires

AFD, BEI

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Contact

Julien Le Tellier