À PROPOS DU PLAN BLEU
En 1976, les pays méditerranéens et la Communauté européenne ont adopté la Convention de Barcelone pour protéger le milieu marin et le littoral, plaçant la durabilité au cœur de la coopération régionale. Créé par la France en 1977, le Plan Bleu est l’un des Centres d’Activités Régionales du Plan d’Action pour la Méditerranée du PNUE. Son programme biennal, approuvé par les Parties contractantes, reflète les priorités communes pour l’avenir durable de la région. La mission du Plan Bleu est de produire des études prospectives, des scénarios et des recommandations stratégiques afin d’éclairer les décideurs méditerranéens sur les enjeux clés de l’environnement et du développement. Ses travaux soutiennent la transition de la région vers la durabilité, en accord avec les cadres mondiaux et régionaux tels que les ODD, la Stratégie méditerranéenne pour le développement durable, les orientations de l’OCDE et la taxonomie de l’Union européenne pour les activités durables.
Ces dernières années, le Plan Bleu a lancé une série d’Appels à Contributions (Calls for Papers) afin de stimuler une analyse rigoureuse et une réflexion politique innovante sur les enjeux de durabilité les plus pressants en Méditerranée. Ce nouvel appel se concentre sur l’une des contraintes de ressources les plus critiques de la région : l’eau. Il vise à évaluer le déficit d’investissement lié à l’eau dans la région et à identifier les barrières institutionnelles, réglementaires, financières et politiques qui entravent le financement adéquat des infrastructures, de la gestion et de la conservation de l’eau.
Cet appel est étroitement lié au Forum Euro-Méditerranéen de l’Eau, qui se tiendra à Rome du 29 septembre au 2 octobre 2026. Les auteurs des contributions sélectionnées seront invités à présenter leurs conclusions préliminaires lors du Forum, permettant ainsi à la recherche d’éclairer directement le dialogue politique de haut niveau et de bénéficier des retours d’experts. Les articles finalisés seront ensuite publiés dans la série de recherche du Plan Bleu, contribuant ainsi à l’élaboration de solutions concrètes pour la sécurité hydrique en Méditerranée.
INTRODUCTION
La pénurie d’eau s’intensifie en Méditerranée sous l’effet conjugué du changement climatique, de la croissance démographique, des usages non durables et de l’obsolescence des infrastructures, mettant à rude épreuve des ressources déjà limitées. La baisse des précipitations, la hausse des températures, la surexploitation des eaux souterraines, la pollution et l’insuffisance du traitement des eaux usées menacent la santé publique, la sécurité alimentaire, les écosystèmes et la stabilité économique. Bien que ces risques soient largement reconnus, les investissements dans les infrastructures et la gestion de l’eau restent bien en deçà des besoins. Un déficit croissant d’investissement sépare les financements requis de ceux mobilisés via les budgets publics, la finance de développement et les capitaux privés.
Au-delà de ces pressions, la Méditerranée constitue en soi un laboratoire climatique unique, notamment grâce aux travaux menés par l’IME (Institut Méditerranéen de l’Eau) depuis plus de 40 ans. Des zones arides et semi-arides aux zones humides, deltas, îles volcaniques et bassins de haute montagne, la région concentre une diversité exceptionnelle de conditions hydrologiques, écologiques et climatiques. Cette diversité amplifie les risques liés à l’eau, accroît la complexité de la gestion et fait de la Méditerranée un terrain d’essai pour des stratégies d’adaptation qui seront pertinentes bien au-delà de la région.
Ce déficit d’investissement ne reflète pas seulement un manque de fonds. Il découle d’une gouvernance fragmentée, d’une réglementation faible ou floue, d’un recouvrement limité des coûts (incluant l’exploitation, la maintenance et le renforcement permanent des capacités), de la sensibilité politique autour de la tarification de l’eau, et de la difficulté d’attirer des investisseurs privés dans un secteur marqué par de longs délais de récupération et des risques élevés. Parallèlement, il est de plus en plus admis que les ressources en eau ne sont pas infinies et qu’elles doivent être correctement valorisées et intégrées dans les modèles économiques et financiers. Ignorer la pénurie, la dégradation de l’environnement et les risques climatiques compromet de plus en plus la viabilité à long terme de l’infrastructure, de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme et du développement urbain dans l’ensemble du bassin.
Pourtant, les retours sociaux et économiques sur l’investissement dans l’eau sont substantiels. L’accès à l’eau potable et à l’assainissement améliore la santé publique, réduit les maladies et les coûts de santé, et libère du temps, en particulier pour les femmes et les filles, favorisant ainsi leur participation à l’éducation et à la vie active. Les données provenant de régions telles que l’Afrique montrent que chaque dollar investi dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement peut générer jusqu’à sept dollars de bénéfices économiques et sociaux (cf. rapport de la Banque mondiale 2025).
Les besoins diffèrent également fortement à travers la Méditerranée. Les pays du Nord doivent moderniser des systèmes vieillissants et s’adapter au changement climatique, tandis que les pays du Sud et de l’Est font face à des défis urgents d’extension de l’accès à l’eau et à l’assainissement, de développement du dessalement et de la réutilisation de l’eau, et d’amélioration de l’efficacité de l’irrigation. Les bassins transfrontaliers accentuent encore la nécessité d’approches coordonnées. Ces défis appellent à une transition vers une approche « One-Water » (une seule eau) ou « cycle complet », intégrant l’approvisionnement, les eaux usées, les eaux pluviales, la réutilisation et les services écosystémiques dans un cadre de gestion et d’investissement unique et cohérent.
Alors que les institutions internationales ont souligné à plusieurs reprises l’ampleur des besoins d’investissement, les stratégies pratiques pour mobiliser les financements et surmonter les barrières institutionnelles restent limitées dans le contexte méditerranéen. Il existe également un risque que le financement continue de privilégier les infrastructures de grande envergure au détriment de la gestion de la demande, des solutions fondées sur la nature et de la restauration des écosystèmes.
Cet Appel à Contributions recherche donc des analyses rigoureuses et pertinentes pour les politiques publiques, allant au-delà de la simple estimation des besoins de financement. Nous invitons des contributions qui examinent les moteurs des déficits d’investissement, évaluent les modèles de financement et de gouvernance, et proposent des voies exploitables pour intensifier les investissements durables, résilients au climat et inclusifs dans le secteur de l’eau en Méditerranée.
THÈME DE L’APPEL À CONTRIBUTIONS
Cet appel vise à explorer le déficit d’investissement dans le secteur de l’eau en région méditerranéenne, en examinant à la fois les dimensions quantitatives des besoins de financement non satisfaits et les obstacles qualitatifs — institutionnels, réglementaires, financiers, politiques et sociaux — qui freinent les investissements adéquats pour la sécurité de l’eau. Les contributions doivent présenter des analyses basées sur des preuves, des approches innovantes et des recommandations politiques pragmatiques adaptées au contexte méditerranéen. Les articles peuvent aborder différents axes, notamment :
Perspectives comparatives : analyser comment différents pays ou sous-régions abordent l’investissement et le financement de l’eau. Identifier les meilleures pratiques, les enseignements et les réussites pouvant être adaptés ou étendus à l’ensemble de la Méditerranée.
Analyses régionales (multi-pays) : explorer comment les défis liés à l’investissement dans l’eau et les mécanismes de financement sont (ou pourraient être) coordonnés ou harmonisés entre plusieurs pays méditerranéens. Examiner le rôle des organisations régionales, des accords de bassins transfrontaliers ou des initiatives à l’échelle méditerranéenne pour faciliter des stratégies d’investissement coordonnées.
Études de cas nationales ou locales : analyser le contexte local, incluant les facteurs socio-économiques, politiques, hydrologiques et institutionnels qui façonnent l’investissement dans l’eau. Mettre en évidence les interventions réussies et les facteurs clés de leur efficacité, de leur reproductibilité et de leur durabilité.
Plan Bleu encourage les contributions qui intègrent plusieurs dimensions, notamment :
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Les liens multisectoriels entre eau, énergie, agriculture, tourisme et écosystèmes
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La coopération régionale et l’apprentissage entre et au sein des pays méditerranéens
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La performance, la transparence et la responsabilité dans les résultats des investissements
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L’économie politique et les voies de réforme
Les sous-thèmes suivants sont indicatifs mais non exhaustifs. L’objectif est de construire une compréhension complète de ce qui fonctionne, de ce qui ne fonctionne pas et pourquoi, afin que les décideurs, les services publics, les institutions financières de développement, la société civile et d’autres parties prenantes puissent concevoir et mettre en œuvre des stratégies d’investissement efficaces, équitables et durables.
1. Besoins d’investissement dans l’eau, écarts et priorités sectorielles
Les contributions peuvent examiner l’ampleur, la structure et la répartition des besoins d’investissement dans l’eau à travers la Méditerranée, en couvrant des secteurs clés tels que l’eau municipale et l’assainissement, l’agriculture et l’irrigation, l’industrie (et ses besoins croissants liés à la technologie), le traitement et la réutilisation des eaux usées, la désalinisation et les approvisionnements non conventionnels, ainsi que les écosystèmes et les solutions basées sur la nature. Compte tenu de la diversité des zones arides, des deltas, des zones humides, des montagnes et des îles méditerranéennes, les contributions peuvent explorer comment ces contextes hydro-climatiques et écologiques contrastés influencent les besoins d’investissement et les profils de risque. Les auteurs doivent évaluer de manière critique la manière dont les besoins sont estimés, les hypothèses qui sous-tendent les chiffres existants et la variation entre les contextes du Nord, du Sud et de l’Est méditerranéen.
Les auteurs sont encouragés à distinguer les besoins en nouvelles infrastructures de ceux, souvent négligés, liés à la maintenance, la réhabilitation, la modernisation des systèmes existants et le renforcement continu des capacités sur les nouvelles technologies et solutions numériques. Les articles peuvent évaluer si les budgets publics actuels, les financements du développement, les flux des bailleurs et l’investissement privé reflètent adéquatement les besoins réels, y compris ceux liés à la gestion de la demande, à la restauration des écosystèmes et aux solutions communautaires, ainsi que la reconnaissance croissante que les ressources en eau sont limitées et doivent être valorisées et gérées en conséquence.
La recherche peut également analyser les coûts économiques, sociaux et environnementaux du sous-investissement, y compris les impacts sur la santé publique, la productivité économique, le tourisme, la sécurité alimentaire et les écosystèmes. Les contributions peuvent particulièrement explorer comment l’accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement affecte la participation au marché du travail, l’organisation du temps et l’égalité de genre. Les articles peuvent examiner les disparités d’investissement entre zones urbaines et rurales, régions riches et pauvres, et différents usages de l’eau, et explorer comment les priorités d’investissement sont fixées, par qui et selon quels processus décisionnels. Une attention particulière doit être portée à l’écart entre les allocations budgétaires et la capacité réelle d’exécution.
Méthodologiquement, les contributions peuvent s’appuyer sur des revues de littérature, des cartographies comparatives des investissements, des analyses coûts-avantages et d’efficience, ainsi que sur des diagnostics spatiaux ou au niveau des bassins. Les approches quantitatives comme l’économétrie de panel sont également les bienvenues, par exemple pour relier l’investissement dans l’eau à des résultats en matière de santé, de productivité ou de performance environnementale, tandis que les études de cas qualitatives et l’analyse des parties prenantes peuvent aider à comprendre comment les priorités sont fixées en pratique.
2. Financement, capital privé et instruments financiers
Comme discuté dans les récents volumes édités par Plan Bleu, la région méditerranéenne nécessite une diversification des sources de financement au-delà des budgets publics traditionnels, dans un contexte où la rareté de l’eau, les risques climatiques et la dégradation de l’environnement affectent de plus en plus la performance économique. Les auteurs peuvent traiter de l’efficacité et des limites des différents mécanismes de financement des investissements dans l’eau : prêts des banques de développement, subventions des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, échanges de dette, obligations municipales et vertes, partenariats public-privé, finance mixte, redevances et tarifications, fonds pour l’eau, paiements pour services écosystémiques, instruments de finance islamique (sukuk), obligations de la diaspora et solutions de crédit pour l’eau. Les auteurs doivent analyser de manière critique dans quelles conditions ces mécanismes permettent d’obtenir des résultats durables, en tirant des leçons des expériences réussies ou échouées (ex. PPP et structures de finance mixte).
La recherche peut explorer pourquoi le capital privé reste limité malgré les besoins importants, en examinant les risques, les rendements, la réglementation, le pipeline des projets et le recouvrement des coûts, y compris les défis liés à la monétisation des bénéfices sociaux, environnementaux et sanitaires à long terme. Les articles peuvent explorer comment les garanties, les financements concessionnels, l’assistance technique et d’autres interventions publiques peuvent catalyser l’investissement sans fausser les marchés ni compromettre l’équité.
Les politiques tarifaires et de subventions peuvent également être étudiées comme déterminants clés de la durabilité financière et de l’inclusion sociale. Les contributions peuvent analyser comment la tarification, les subventions croisées et les soutiens ciblés affectent l’accès, l’abordabilité et les incitations à une utilisation efficace dans un contexte de rareté croissante. La réorientation des subventions néfastes constitue un axe d’analyse important pour identifier de nouveaux leviers visant à combler le déficit d’investissement dans l’eau. Les articles peuvent explorer comment les subventions encourageant la surexploitation de l’eau, les pratiques agricoles non durables ou les infrastructures dommageables pour l’environnement perpétuent les distorsions de marché et limitent l’investissement dans une gestion durable de l’eau. Les auteurs sont encouragés à analyser l’économie politique de la réforme des subventions, les conditions de mise en œuvre réussie et les implications redistributives d’un soutien orienté vers des usages plus durables et efficients des ressources en eau.
Certains articles peuvent également évaluer si le financement innovant génère effectivement des investissements supplémentaires et une valeur à long terme, et examiner le rôle des institutions financières de développement méditerranéennes dans la mobilisation et la structuration des financements pour l’eau. Les systèmes d’assurance constituent un instrument financier supplémentaire méritant attention, en particulier dans un contexte de risques climatiques et environnementaux croissants. Les articles peuvent explorer comment les mécanismes de transfert de risque peuvent faciliter l’investissement dans le secteur de l’eau en réduisant l’incertitude pour les investisseurs privés et en protégeant les actifs publics contre les événements climatiques extrêmes, les sécheresses ou les inondations.
Parmi les méthodes possibles, les revues de littérature, l’analyse financière et au niveau des projets (flux de trésorerie et répartition des risques) peuvent être pertinentes. L’analyse économétrique de la réponse aux politiques ou aux changements réglementaires peut également constituer une approche utile. Les études de cas comparatives et les cadres structurés comme l’analyse SWOT ou l’économie politique-financière peuvent aider à évaluer les forces et faiblesses des différents modèles de financement. Les auteurs traitant des mécanismes de finance mixte sont encouragés à se référer à la publication du World Water Council Blended Finance in the Water Sector, entre autres références.
3. Gouvernance, économie politique et équité sociale
Les écarts d’investissement dans l’eau sont fortement influencés par les institutions et l’économie politique. Les contributions peuvent ainsi examiner comment des mandats peu clairs, des responsabilités fragmentées, une régulation faible et des capacités techniques et financières limitées restreignent la planification et la mise en œuvre aux niveaux national, de bassin et local dans des contextes hydro-climatiques et socio-économiques très variés. Les articles doivent évaluer si les services publics, les autorités de bassin et les municipalités disposent de l’autonomie et des ressources nécessaires pour assurer des investissements soutenus. Une analyse comparative entre pays méditerranéens est encouragée, incluant le contraste entre les systèmes du Nord de la Méditerranée (souvent orientés vers l’efficacité, la gestion de la demande et les cadres réglementaires de l’UE) et les contextes du Sud et de l’Est, confrontés à une rareté aiguë, à des déficits d’infrastructure et à des modèles institutionnels en évolution.
Les auteurs sont invités à analyser les facteurs d’économie politique, notamment les cycles électoraux, la résistance à la réforme tarifaire, les intérêts constitués et le traitement de l’eau comme bien politique plutôt qu’économique et environnemental. Les articles peuvent évaluer la mise en œuvre réelle de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE / IWRM), des approches One-Water ou de type WEFE, au-delà de leur adoption formelle.
L’équité et la participation doivent être au centre des analyses. La recherche peut examiner l’abordabilité, la conception des subventions et les structures tarifaires, ainsi que les inégalités spatiales, sociales (volonté de payer, confiance dans la gouvernance et autres perceptions sociales) et de genre dans l’investissement dans l’eau. Les contributions peuvent explorer comment un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement influence la santé, les moyens de subsistance et la participation à la vie économique, et si les processus décisionnels sont transparents, participatifs et adaptés aux besoins.
Parmi les méthodes possibles figurent la revue de littérature, l’analyse institutionnelle, la cartographie des parties prenantes, le diagnostic d’économie politique et l’évaluation comparative des indicateurs de gouvernance. Des approches mixtes combinant données au niveau des ménages ou des services publics avec interviews et enquêtes peuvent également être pertinentes pour comprendre comment les règles formelles se traduisent en résultats réels en matière d’investissement et de services. Les auteurs sont encouragés à s’appuyer sur les Principes de l’OCDE pour la gouvernance de l’eau et leur stratégie de mise en œuvre, qui offrent un cadre structuré.
4. Stratégies d’investissement intégrées et résilientes au climat (WEFE)
Les contributions peuvent analyser comment les approches intégrées Eau–Énergie–Alimentation–Écosystèmes (WEFE) et cycle complet de l’eau peuvent être intégrées dans les stratégies d’investissement dans une région déjà fortement affectée par les impacts du changement climatique. Les articles doivent explorer si les cadres nexus et climatiques influencent réellement la conception, la budgétisation et la priorisation des projets, ou s’ils restent principalement rhétoriques.
Les auteurs peuvent analyser les investissements à multiples bénéfices, tels que l’irrigation solaire, la réutilisation des eaux usées, la restauration des bassins versants, la recharge des aquifères et le recyclage urbain de l’eau, en évaluant leur viabilité financière, leurs exigences de gouvernance et leur reproductibilité. Les articles doivent également aborder les arbitrages entre usages concurrents de l’eau — en particulier l’agriculture, qui représente la majorité de la consommation dans de nombreux pays méditerranéens — et comment ces arbitrages sont gérés par les choix politiques et d’investissement.
La recherche peut examiner la planification adaptative face à l’incertitude climatique, y compris les approches basées sur des scénarios, les trajectoires d’investissement flexibles et les risques de verrouillage maladaptatif, ainsi que l’accès au financement climatique pour l’adaptation de l’eau, en particulier dans les pays du Sud et de l’Est méditerranéens.
Les méthodes pertinentes peuvent inclure la modélisation intégrée (eau–énergie–alimentation–climat), l’analyse de scénarios, le stress testing des trajectoires d’investissement et l’analyse multicritère pour comparer les arbitrages entre efficacité, résilience, équité et résultats environnementaux.
5. Technologie, innovation et performance opérationnelle
Combler le déficit d’investissement nécessite non seulement plus de financements, mais également une meilleure performance sur l’ensemble du cycle de l’eau. Les contributions peuvent analyser comment la technologie, l’innovation et la réforme institutionnelle peuvent améliorer l’efficacité, réduire les pertes et accroître l’impact des investissements. Les articles peuvent aborder la réduction de l’eau non facturée, la gestion des actifs, la digitalisation et les stratégies de redressement des services publics.
Les auteurs peuvent évaluer la désalinisation, la réutilisation des eaux usées, l’intégration des énergies renouvelables et la valorisation des ressources, en comparant les systèmes centralisés, décentralisés et basés sur la nature dans une approche One-Water. Les technologies numériques (ex. réseaux intelligents, systèmes d’alerte précoce, suivi quasi-temps réel, télédétection, IA et plateformes de données) peuvent être examinées de manière critique en termes de rentabilité, d’impacts sur la gouvernance et d’équité.
Les articles doivent également traiter du transfert de technologie, du renforcement des capacités et des coûts sur l’ensemble du cycle de vie, y compris l’exploitation et la maintenance, afin de garantir que les investissements restent financièrement, environnementalement et institutionnellement durables dans le temps.
Méthodologiquement, les contributions peuvent s’appuyer sur le benchmarking de performance, l’analyse ingénierie–économie, le calcul du coût sur le cycle de vie et les approches de panel data pour évaluer les impacts des réformes technologiques et managériales sur l’efficacité, la qualité du service et la résilience.
ADMISSIBILITÉ
L’appel à contributions est ouvert à tous les experts et chercheurs travaillant sur des sujets pertinents dans les pays méditerranéens parties contractantes du Plan d’Action pour la Méditerranée du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE/PAM). Cela inclut : Albanie, Algérie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Chypre, Égypte, France, Grèce, Israël, Italie, Liban, Libye, Malte, Monaco, Monténégro, Maroc, Slovénie, Espagne, République arabe syrienne, Tunisie, Türkiye.
Nous accueillons particulièrement les contributions d’économistes, de scientifiques de l’eau et de l’environnement, d’analystes politiques, d’ingénieurs, de spécialistes en finance et de praticiens ayant une expérience dans les services d’eau, le financement du développement ou la réforme du secteur public.
Si les candidats sont présélectionnés, ils devront démontrer leur capacité juridique à signer des contrats et émettre des factures conformément à la législation de leur pays. Les chercheurs du Sud et de l’Est de la Méditerranée, y compris les femmes et les titulaires de doctorat, sont encouragés à participer.
PROCESSUS DE SOUMISSION
Les chercheurs intéressés sont invités à soumettre avant le 17 avril 2026 les documents suivants :
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Une note conceptuelle détaillée pour le papier de recherche (5 à 7 pages), incluant :
Page de couverture (1 page) comprenant :
a. Résumé du papier précisant :-
l’objectif du papier
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la lacune de connaissance et la valeur ajoutée du papier
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la méthodologie / approche
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les résultats attendus et les implications politiques régionales
b. Présentation de l’auteur ou des auteurs et du sujet de recherche :
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Nom(s) de l’auteur(s)
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Affiliation(s)
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Coordonnées (y compris email)
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Adresse, ville et pays
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Le(s) sujet(s) de recherche abordé(s)
Les pages restantes de la note conceptuelle doivent inclure :
a. Énoncé de la recherche : problème traité, brève revue de la littérature, lacunes de connaissance que le papier abordera, plan préliminaire.
b. Méthodologie de recherche : question de recherche, hypothèse à tester, méthodologie choisie (ex. études de cas, preuves empiriques, analyses économétriques, analyse comparée de politiques, etc.) et justification de la méthodologie.
c. Résultats attendus et implications politiques : comment les résultats de la recherche se traduiront en recommandations politiques. Les recommandations doivent être liées à l’analyse, spécifiques et opérationnelles. -
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CV des auteur(s), incluant la liste des publications.
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Pour les experts/consultants basés en France :
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Document attestant de leur inscription au Registre du Commerce et des Sociétés, ou carte professionnelle prouvant l’inscription au Répertoire des Métiers, ou certificat d’enregistrement auprès de l’URSSAF.
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En outre, une attestation de vigilance de la Sécurité sociale des indépendants si l’expert n’est pas affilié au régime général.
Pour les experts basés hors de France :
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Une déclaration sur l’honneur certifiant qu’ils sont à jour de leurs obligations fiscales et sociales dans leur pays de résidence.
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ÉVALUATION ET SÉLECTION
Un minimum de 5 propositions sera sélectionné par Plan Bleu. L’évaluation se fera sur la base de critères objectifs :
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Présentation concise et structurée des objectifs de recherche et du papier
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Pertinence et originalité du sujet ainsi que son intérêt politique
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Inclusion d’une liste indicative de références
Autres critères : la sélection finale pourra tenir compte de l’équilibre régional, thématique et de genre. Les papiers déjà publiés ou acceptés pour publication ne seront pas acceptés. Tous les projets soumis seront vérifiés pour plagiat. Un auteur ne peut soumettre plus de deux papiers, seuls ou en collaboration. Les projets doivent être soumis en anglais. Les propositions ne respectant pas ces directives seront exclues.
RÉSULTATS ATTENDUS DES PAPIERS SÉLECTIONNÉS
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Les auteurs des notes conceptuelles sélectionnées devront soumettre un premier brouillon (environ 15 pages) avant le 24 août 2026, en vue de l’atelier/conférence Plan Bleu.
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Les auteurs sélectionnés présenteront leur papier lors de l’atelier/conférence Plan Bleu sur « Réduire le déficit d’investissement dans l’eau en Méditerranée », en marge du Forum Euro-Méditerranéen de l’Eau à Rome, du 29 septembre au 2 octobre 2026 (à confirmer). Les auteurs recevront des retours d’autres experts pour finaliser leur papier.
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Après l’événement Plan Bleu, les auteurs devront soumettre une version révisée et finale de leur papier incorporant les retours reçus, au plus tard le 10 janvier 2027. La version finale sera soumise à un peer-review et, si validée, publiée dans la série des papiers de recherche Plan Bleu et dans un volume édité.
RÉMUNÉRATION
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Chaque papier sélectionné sera rémunéré 2 500 € brut.
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1er versement (30%) à la signature du contrat
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2e versement (30%) à la réception du premier brouillon
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3e versement (40%) à la soumission du brouillon final, sous réserve d’un peer-review positif et de la conformité aux standards de qualité
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Les frais de transport et hébergement pour l’atelier/conférence Plan Bleu seront pris en charge pour un auteur par papier maximum, limité aux 21 pays méditerranéens du Plan Bleu.
RÉCAPITULATIF ET CALENDRIER
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17 avril 2026 : date limite de soumission des notes conceptuelles
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Début mai 2026 : processus de sélection
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Mi-mai 2026 : annonce des contributions sélectionnées et lancement du travail
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Mi-juin 2026 : organisation des déplacements pour les auteurs sélectionnés (y compris visas, si applicable)
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24 août 2026 : soumission du premier brouillon (15 pages)
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29 sept. – 2 oct. 2026 : présentation à l’atelier/conférence Plan Bleu
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10 janvier 2027 : soumission de la version finale (max. 25 pages)
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Mi-fin février 2027 : finalisation du peer-review
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Mai 2027 : publication dans le volume édité Plan Bleu
UTILISATION DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Clause 1 – Usage contrôlé de l’IA
L’expert peut utiliser des outils d’IA générative uniquement à titre de support : structuration, brainstorming, exploration de documents, optimisation éditoriale. L’IA ne peut en aucun cas remplacer le travail analytique, la vérification des sources ou la rédaction experte. Les données chiffrées ou résultats de modélisation doivent être basés sur des approches validées par l’expert. Toute référence doit être traçable et vérifiable.
Clause 2 – Responsabilité du contenu et transparence
L’expert reste entièrement responsable de la qualité, de l’exactitude et de la fiabilité des livrables, même en cas d’usage partiel de l’IA. Toute utilisation d’IA doit être déclarée explicitement, avec indication des parties concernées et, si demandé, des méthodologies ou requêtes utilisées.
Clause 3 – Responsabilité de qualité
L’expert est seul responsable de l’exactitude, de l’originalité, de la vérification et de la qualité professionnelle des livrables, y compris ceux assistés par l’IA. L’IA ne peut justifier les erreurs factuelles, plagiat, biais ou violations de confidentialité.
Clause 4 – Non-conformité et conséquences
En cas de non-respect, le client peut demander :
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la révision gratuite des livrables
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ou, en cas de manquement grave/répété, l’application des clauses contractuelles de non-conformité ou résiliation.
CONTACT
Les dossiers doivent être envoyés au plus tard le 17 Avril 2026 à :
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Constantin Tsakas, Chief Economist, Plan Bleu : [email protected]
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Samson Bellières, Water Projects Manager, Plan Bleu : [email protected]
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Insa Behrens, Project Officer Water Management & Climate Change Adaptation, Plan Bleu : [email protected]
Objet du mail : Plan Bleu Call for Papers – Water Investment Gap